Travelsanté

Expert en prévention des risques sanitaires liés à la mobilité internationale.

Chaque année, près de 3 400 femmes sont atteintes par le cancer du col de lutérus et on dénombre encore prés de 1 000 décès par an. Pourtant cette maladie nest pas une fatalité. Une prévention précoce peut permettre de guérir prés de 100% des cas.

Qu'est-ce que le cancer du col de l'utérus ?


Il s'agit d'un cancer fréquent (3 400 cas par an en France), touchant le plus souvent la femme après la ménopause. Les risques d'avoir un cancer du corps de l'utérus augmentent avec les facteurs suivants :
  • Si vous êtes ménopausée précocement et sans bouffées de chaleur,
  • Si vous n'avez pas eu d'enfant ou seulement un,
  • Si vous êtes obèse ou diabétique,
  • Si vous faites de la tension.

À quoi est dû le cancer du col de l'utérus ?


Le cancer du col de l'utérus est lié à un virus humain, sexuellement transmissible: l'HPV (papillomavirus humain). Cette infection par HPV est très courante, elle touche environ 70% des femmes entre 15 et 65 ans. Les infections par un virus de ce type sont le plus souvent banales car l'organisme l'élimine dans les 6 à 13 mois suivant la contamination.

Mais elles évoluent dans certains cas en lésions précancéreuses (dysplasies) qui elles-mêmes peuvent évoluer en cancer du col de l'utérus si elles ne sont pas traitées. Une étude publiée en juin 2001 dans le British Journal of Cancer a porté sur 7 932 femmes, 15,3% de la population étudiée était porteuse de HPV à haut risque (Human Papilloma Virus ou virus du papillome humain).

Cette MST est courante : elle concerne un peu plus de 20% des moins de 30 ans, la fréquence diminue progressivement jusqu'à passer à moins de 10% après 60 ans. Un maximum de 3% des femmes porteuses d'HPV développeront un cancer. En effet, 60 à 80% des infections sont transitoires, avec une durée de 8 à 14 mois. Seules les infections persistantes peuvent conduire au cancer.

Ces évolutions sont en générales assez lentes, d'où l'importance d'un suivi régulier pour diagnostiquer au plus tôt les premiers signes et les soigner facilement. Le dépistage du cancer du col permet de traiter les cellules pré-cancéreuse mais aussi de faire un diagnostic précoce du cancer du col permettant un taux de guérison important.

Quels sont les facteurs de risque ?

Ces virus sont une cause nécessaire mais cependant non suffisante du cancer du col utérin. Les risques d'avoir un cancer du col de l'utérus augmentent avec les facteurs suivants :
  • Des rapports précoces.
  • La multiplicité des partenaires sexuels.
  • Des infections gynécologiques fréquentes, non ou mal traitées.
  • Si vous avez eu votre premier enfant jeune. Si vous avez beaucoup d'enfants.
  • Le tabagisme.

Comment dépister le cancer d col de l'utérus ?

Aujourd'hui, le procédé le plus courant pour dépister des cellules cancéreuses est le frottis cervico-vaginal. L'exécution de ce test est rapide et indolore. Il doit se faire en dehors des périodes menstruelles. Le médecin prélève avec une petite spatule quelques cellules superficielles de la muqueuse du col utérin et les dépose sur une lame pour que le laboratoire vérifie la présence de cellules comportant des anomalies.

Ce frottis est pris en charge à 100% (au lieu de 60% auparavant) par la CFE sur une base à ce jour de 14,85 euros.
Si le frottis est suspect, un examen complémentaire sera pratiqué: le test dit "HPV" de dépistage du papillomavirus humain. Depuis le 14 février 2004 le test HPV est remboursé par la CFE dans le cas de frottis douteux. Le remboursement se fera sur la base à ce jour de 48,60 euros. Il est pris en charge à hauteur de 60%.

À partir de quel âge et à quel rythme faire un frottis ?

Pour que le dépistage soit efficace, il doit absolument être régulier.

Compte tenu de l'âge habituel du début de la vie sexuelle, il est recommandé de commencer à faire les frottis vers l'âge de 20 ans. Les 2 premiers frottis doivent être pratiqués à un an d'intervalle. Ensuite, s'ils sont négatifs, tous les 3 ans tant que le frottis est normal. Si les frottis réalisés au cours de la vie ont tous été négatifs, ils ne sont pas nécessaires après 65 ans. Dans le cas contraire, il faut demander l'avis d'un médecin. En cas de symptômes qui attirent l'attention, il faut consulter un médecin, même si le dernier frottis est négatif.

En effet, le nombre de "faux négatifs" résultant des frottis est relativement important (les erreurs concerneraient pas moins de 15% des examens (certaines études avancent même 50%). Ainsi ces examens peuvent faussement rassurer des femmes à risque. Pourtant, c'est uniquement durant la longue phase précancéreuse que la prévention par les frottis systématiques permettra de traiter précocement les lésions suspectes.

Une équipe de scientifiques français plaide ainsi pour le couplage du frottis avec une quantification de la charge virale (c'est-à-dire la quantité de virus présente dans les frottis) et une identification plus précise du type de virus. En effet, les HPV comptent plus de 120 génotypes différents. Parmi ces derniers, les risques liés au cancer du col de l'utérus varient considérablement. Ainsi les HPV 16, 18, 45 ou 46 sont à haut risque cancérigène alors que les HPV 6, 11 ou 42 ne sont responsables que de lésions bénignes.

Quels sont les signes d'alerte ?

En cas de cancer confirmé, ces signes sont relativement discrets au début et se caractérisent essentiellement par des pertes anormales. Les symptômes de la maladie sont le plus souvent des saignements de très faible quantité ou des pertes vaginales anormales :

  • Les métrorragies (pertes de sang entre les règles, souvent provoquées par les rapports sexuels; les voyages ou la toilette).

  • Les leucorrhées (pertes blanches) purulentes simulant une infection. Elles sont moins fréquentes.
La prudence doit vous amener à consulter sans tarder votre médecin à l'apparition de toute perte sanglante ou non et quelque soit votre âge: un examen gynécologique avec frottis doit être pratiqué.

Quelle est l'évolution de la maladie ?

Le cancer du col de l'utérus est classé en cinq stades (allant de 0 à IV) :
  • Stade 0
    Il correspond au cancer in situ, c'est un cancer potentiel encore limité. La membrane basale est intègre. Dans ce cas, découvert précocement lors d'un dépistage et avant son invasion, le taux de guérison est proche de 100%. A ce stade les risques d'une perte de fécondité sont limité.
  • Stade I
    Le cancer se développe mais est limité au col.
  • Stade II
    Le cancer est développé au-delà du col.
  • Stade III
    Le cancer va au-delà de l'utérus et atteint le pelvis.
  • Stade IV
    Envahissement de la vessie, du rectum ou extension à d'autres organes.

Les vaccins contre le cancer du col de l'utérus


Deux vaccins sont actuellement disponibles


Commercialisé en Europe et aux Etats-Unis, Gardasil® développé par Merck (et distribué en Europe par Sanofi-Pasteur) est efficace contre les HPV 16, 18, 6 et 11. Ces deux derniers types ne sont pas cancérigènes mais sont à l'origine d'une infection sexuellement transmissible très fréquente et bénigne, les condylomes acuminés plus connus sous le nom de "crêtes de coq".

Commercialisé en Europe depuis 2007, le Cervarix® du laboratoire GSK (Glaxosmithkline) est un vaccin contre les HPV 16 et 18 (à l'origine de plus de 70% des cas de cancer).

Le Comité technique des vaccinations et le conseil supérieur d'hygiène publique de France ont précisé les recommandations de vaccination nationales.


Vaccination recommandée pour qui ?

Recommandations générales

La vaccination est recommandée pour toutes les jeunes "lles âgées de 11 à 14 ans. La vaccination est d'autant plus efficace que les jeunes filles n'ont pas encore été exposées au risque d'infection par le HPV.

L'une des doses de la vaccination contre les infections à papillomavirus humains peut être coadministrée notamment avec le rappel diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite prévu entre 11 et 13 ans ou avec un vaccin contre l'hépatite B, dans le cadre du rattrapage vaccinal.

Dans le cadre du rattrapage vaccinal, la vaccination est recommandée pour les jeunes "lles et jeunes femmes entre 15 et 19 ans révolus.

Schéma vaccinal
  • Vaccin quadrivalent (Gardasil®)
    - Vaccination initiée entre 11 et 13 ans révolus : deux doses espacées de 6 mois
    - Vaccination initiée entre 14 et 19 ans révolus : trois doses administrées selon
    un schéma 0, 2 et 6 mois.
  • Vaccin bivalent (Cervarix®)
    - Vaccination initiée entre 11 et 14 ans révolus : deux doses espacées de 6 mois
    - Vaccination initiée entre 15 et 19 ans révolus : trois doses administrées selon
    un schéma 0, 1 et 6 mois.
Cette vaccination peut être effectuée indifféremment avec l'un ou l'autre des deux vaccins existants. Cependant, ces deux vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination initiée avec l'un d'eux doit être menée à son terme avec le même vaccin.



À NOTER ! La CFE prend en charge les vaccins Gardasil et Cervarix sur prescription médicale. Le remboursement est effectué à 65% du tarif de remboursement.

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